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Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles.

Référence de l’article :

Laurent CHALARD (2007). « Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles ». Population & Avenir. N°683. Mai-Juin 2007. Pages 15-19.

Contexte :

L’Insee ayant fourni un fichier excel de la population de toutes les communes françaises à chaque recensement entre 1962 et 1999, il m’a été possible d’effectuer leur classement en fonction des taux de croissance démographique. Ce classement réalisé, j’ai distingué parmi les nombreuses communes en fort déclin démographique, celles urbaines, c’est-à-dire qui comptaient au moins 2000 habitants en 1962. Il s’avérait que toutes les communes concernées étaient à dominante industrielle au départ, d’où le titre.

Résumé (quotidien Les Echos du 12 juin 2007) :

Cinquante-huit communes jadis industrielles connaissent depuis près de cinquante ans un net déclin démographique. La majorité se concentre en Lorraine et dans le Massif central.

Ville ne rime pas toujours avec croissance démographique, selon une étude de la revue « Population & Avenir », qui se penche sur l’évolution de la population de communes industrielles entre 1962, amorce du déclin démographique dans plusieurs bassins industriels, et 1999, date du dernier recensement exhaustif. Le rapport dénombre 58 communes anciennement industrielles dont la population a diminué d’au moins un tiers sur la période. La Lorraine et un grand Massif central sont touchés de plein fouet, regroupant les trois quarts des villes concernées.

Cette forte concentration géographique découle de la répartition inégale de l’industrie en France du XIXe siècle jusqu’aux années 1960, essentiellement basée dans la moitié est du pays. La seconde raison pointe les problèmes de reconversion. Le déclin ne se constate que lorsque l’économie locale, basée sur une mono-activité ayant périclité, n’a pas été remplacée.

La Lorraine détient le record du nombre de villes en déclin avec 24 points noirs, soit 40 % de l’ensemble. Celles-ci, principalement situées en Meurthe-et-Moselle (17), ont connu une baisse moyenne de 40 % de leur population et correspondent au bassin ferrifère lorrain.

Trois ensembles sont particulièrement frappés : la vallée de l’Orne, qui se caractérisait par ses usines sidérurgiques et métallurgiques, les bassins miniers ferrifères de Bouligny-Tucquegnieux et enfin le bassin de Longwy, dont le programme européen de reconversion n’a pas encore enrayé le processus de dépeuplement. Le Massif central connaît le déclin le plus intense. Les 21 communes de la zone (dans le Gard, le Tarn, l’Aveyron et le Puy-de-Dôme) ont vu chuter leur population en moyenne de moitié entre 1962 et 1999. La perte démographique concerne essentiellement des bassins houillers, tels ceux d’Alès, de Decazeville et de Carmaux. Le déclin a aussi touché des villes à dominante textile.

Dans le reste du territoire métropolitain, les 13 communes restantes sont surtout minières. Le Nord-Pas-de-Calais n’en compte que 5 mais l’Isère 2. Sochaux ayant un profil particulier. Le dépeuplement n’est pas là lié à un effondrement économique mais aux réductions importantes de main-d’oeuvre, non compensées par le développement suffisant d’autres activités. L’étude confirme que l’adaptation et la diversification des activités sont une des clefs de la pérennité d’une ville.

I. F.

Commentaire :

L’article a joué un rôle important dans la progression de ma réflexion intellectuelle, puisque c’est la première fois que j’abordais la thématique du déclin urbain. Il m’a permis de voir que la France n’était pas épargnée par le phénomène, ce qui avait été plus ou moins ignoré jusqu’ici dans la recherche urbaine en France. C’est avec cet article que j’ai pu prendre ensuite contact avec d’autres géographes travaillant sur la thématique du déclin urbain dans le monde, comme Sylvie Fol et Emmanuèle Sabot, ou travaillant sur les villes concernées mais avec un angle d’approche paysager. comme Simon Edelblutte. 

Impact :

Ce fut le premier article que j’ai réalisé seul cité dans la presse nationale, en l’occurence Les Echos. Malheureusement, ma notoriété étant presque nulle à l’époque, le journaliste n’a pas cité le nom de l’auteur de l’article, mentionnant juste Population & Avenir.

1) Les Echos. 12 juin 2007. Rubrique Régions. Page 7. « La Lorraine et le Massif Central touchés par le déclin des petites villes ». I.F.

2) Cité par Simon EDELBLUTTE dans le texte page 359 et en bibliographie page 367. « La reconversion des anciennes villes-usines européennes, ou la question de la survie urbaine ». BAGF. 2010-3.

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