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La géographie de l’exclusion dans les grandes villes françaises : le cas de Bordeaux

Référence du chapitre d’ouvrage :

Gérard-François DUMONT, Laurent CHALARD (2010). « La géographie de l’exclusion dans les grandes villes françaises : le cas de Bordeaux » in Gabriel WACKERMANN (direction), La France en villes, Ellipses, pages 139-153.

Contexte :

Ce chapitre d’ouvrage est issu d’une recherche, qui était alors en cours, sur l’exclusion dans les grandes métropoles régionales françaises. Il a été écrit dans la précipitation, puisque du fait de la modification du calendrier des concours d’enseignement, les manuels ont dû être écrits en quelques mois. Nous avons proposé à M Gabriel Wackermann, l’étude de cas la plus avancée de notre travail, en l’occurrence Bordeaux, pour la simple raison que nous l’avions organisé en suivant l’ordre alphabétique.

Résumé (conclusion) :

Deux enseignements principaux résultent de cette analyse géographique de l’exclusion dans l’unité urbaine de Bordeaux. Le premier justifie la nécessité de combiner plusieurs indicateurs. En effet, le classement des communes est souvent différent selon les indicateurs utilisés, ce qui peut s’expliquer par deux raisons. D’une part, chaque indicateur relève de sa propre définition et mesure soit un phénomène précis (le surendettement) soit un phénomène plus général (le revenu fiscal médian), aucun ne pouvant résumer à lui seul toute la complexité de la réalité de l’exclusion. D’autre part, la diversité du peuplement de chaque commune les conduit souvent, selon les indicateurs, à un classement dans des catégories différentes. Par exemple, la commune-centre de Bordeaux a un des taux les plus élevés de RMIstes, mais un pourcentage moyennement faible d’ouvriers et employés. Second enseignement, la géographie de l’exclusion dans l’unité urbaine de Bordeaux se rapproche plus du schéma traditionnel nord-américain, avec des communes périurbaines plus aisées que le cœur de l’unité urbaine qui connaît davantage l’exclusion, que du schéma européen, parfois dénommé « modèle parisien », soit une commune-centre beaucoup plus riche que sa périphérie, où se concentrent les exclus. En effet, à Bordeaux, le cœur de l’unité urbaine s’individualise largement du reste du territoire, par un niveau relativement élevé d’exclusion, y compris dans la commune centre, qui a pourtant une image de « ville bourgeoise ». A contrario, sauf au nord, plus on s’éloigne du centre de l’unité urbaine, plus l’indice synthétique d’exclusion se réduit, les taux minimums étant constatés dans deux communes périphériques. En conséquence, cette situation confirme que le « modèle parisien », n’est pas généralisable. Le fameux processus de gentrification si souvent évoqué devient, à l’examen de l’unité urbaine de Bordeaux, très relatif.

Commentaire :

L’étude de la géographie de l’exclusion dans l’unité urbaine de Bordeaux fut éclairante pour la suite, puisqu’elle montrait que la ville-centre était relativement paupérisée, infirmant l’image traditionnellement ressentie.

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