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L’armature urbaine de l’emploi en France. Un basculement géographique

Référence de l’article :

Laurent CHALARD, Gérard-François DUMONT (2011). « L’armature urbaine de l’emploi en France. Un basculement géographique ». Population & Avenir. N°704. Septembre-octobre 2011. Pages 4-7 et 20.

Contexte :

Jusqu’ici, les études de géographie urbaine s’étaient contentées de comparer les agglomérations françaises en fonction de leur taille démographique, mais il n’avait jamais été mené une étude globale concernant leur nombre d’emplois (il y en avait eu concernant leur PIB). En conséquence, il apparaissait intéressant de réaliser ce travail avec pour double objectif de déterminer la hiérarchie urbaine selon le nombre d’emplois et de voir son évolution récente. L’article reposait sur les données issues des recensements réalisés par l’Insee.

Résumé :

Les 111 villes de France métropolitaine comptant plus de 25 000 emplois en 2007  cumulent 61,3 % du total, soit plus que leur part dans la population nationale. Il émerge une hiérarchie urbaine selon le nombre d’emplois partiellement différente de la hiérarchie selon le nombre d’habitants. Si Paris demeure l’incontestable première, par contre Lyon domine Marseille, qui sont suivies par quatre métropoles (Lille, Toulouse, Nice et Bordeaux) comptant plus de 350 000 emplois. Nantes, en huitième position apparaît distancée. Derrière, la hiérarchie selon le nombre d’emplois distingue des gagnants (comme Rennes, Dijon ou encore Caen) de perdants (comme Douai-Lens ou Valenciennes) par rapport à l’armature urbaine du peuplement. L’étude de l’évolution du nombre d’emplois entre 1999 et 2007 montre un renforcement de la concentration des emplois dans les villes, à l’inverse de ce qui se constate pour la population, une déconcentration, à travers le phénomène de périurbanisation. Les plus fortes croissances du nombre d’emplois se concentrent à l’ouest d’une ligne Le Havre-Marseille (la palme revenant à Toulouse), et les plus faibles à l’est de cette même ligne (le bonnet d’âne étant pour Forbach), constituant un négatif. Ce basculement géographique de l’emploi s’explique par le taux d’industrialisation. Les villes du nord-est les plus industrialisées historiquement connaissent un faible dynamisme de l’emploi, consécutif au processus de désinsdustrialisation, contrairement aux villes du sud-ouest peu industrialisées à l’origine, qui bénéficient de la tertiarisation de l’économie et de l’implantation des activités de haute-technologie. 

Commentaire :

Cet article a remis au goût du jour la ligne Le Havre-Marseille, quelque peu oubliée des géographes depuis les années 1990, du fait de son apparent effacement. Indirectement, ce dernier témoigne en fait de sa pérennité, puisque les évolutions des villes se situant de part et d’autre de la ligne sont divergentes, du fait du poids des héritages historiques dans leur tissu économique. En effet, le fait que Toulouse soit en passe de dépasser Lille pour le nombre d’emplois constitue un retournement historique majeur depuis la Révolution Industrielle.

Impact :

L’article montrant clairement le basculement géographique du territoire français, a eu en conséquence un impact important, étant cité dans la presse nationale.

1) Les Echos. 7 septembre 2011. Rubrique « collectivités locales ». Page 6. « La France de l’emploi a basculé à l’ouest d’une ligne Le Havre-Marseille ». Philippe Moreau. URL : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201612902764-la-france-de-l-emploi-a-bascule-a-l-ouest-d-une-ligne-le-havre-marseille-215493.php

2) Site de la CCI de Reims. « France de l’emploi a basculé à l’ouest d’une ligne Le Havre-Marseille ». URL : http://www.reims.cci.fr/actualite/revue-de-presse/la-france-de-l-emploi-a-bascule-a-l-ouest-d-une-ligne-le-havre-marseille.-article24162.html

3) elunet.org « L’armature urbaine de l’emploi en France ». Mercredi 7 septembre 2011. URL : http://www.elunet.org/spip.php?article19398

4) Mérézo Normandie. Ressources Humaines. «  La France de l’emploi a basculé à l’ouest d’une ligne Le Havre-Marseille ». 7 septembre 2011. URL : http://www.merezo-normandie.com/revue/56174-la-france-de-l-emploi-a-bascule-a-l-ouest-d-une-ligne-le-havre-marseille

5) En Essonne Réussir. 7 septembre 2011. URL : http://www.reussir91.com/la-france-de-l-emploi-bascule-l-ouest-d-une-ligne-le-havre-marseille b

6) manpowergroup.fr « La France de l’emploi a basculé à l’ouest ». 8 septembre 2011. URL : http://www.manpowergroup.fr/la-france-de-lemploi-a-bascule-a-louest/

7) Blog Les secrets de Saint Pierre. « Paris et le désert français ? ». 9 septembre 2011. URL : http://lessecretsdesaintpierre.blogs.letelegramme.com/archive/2011/09/09/paris-et-le-desert-francais.html#more

8 ) Charentelibre. Rubrique Région. 13 septembre 2011.

9) Blog des consultants Apec. « Où aller travailler ». 19 septembre 2011. Pierre Marzin. URL : http://blog-experts.cadres.apec.fr/2011/09/19/ou-aller-travailler/#more-3762

10) Site du GREF Bretagne. « Emploi. Les régions de l’Ouest et du Sud plus créatrices d’emploi ». 16 septembre 2011. URL : http://www.gref-bretagne.com/Public/revue_de_presse/revue_de_presse_152/10879806381883/emploi._les_regions

11) Emploipro.fr. 20 septembre 2011. « L’emploi croît dans le sud-ouest, pas dans le nord-est ». Lucile Chevalier. URL : http://www.emploi-pro.fr/article/l-emploi-croit-dans-le-sud-ouest-pas-dans-le-nord-est-4105.html

12) Le Point.fr . 25 septembre 2011. Rubrique « Lettres de France ». « Les villes qui concentrent le plus d’emplois ». Jérôme Cordelier. URL : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jerome-cordelier/les-villes-qui-concentrent-le-plus-d-emplois-25-09-2011-1377175_244.php 

13) Blog CY.TALK Reprise de l’article du Point. Fr 26 septembre 2011. URL : http://nouvelles.cytalk.com/2011/09/les-villes-qui-concentrent-le-plus-demplois/

14) Maurepas Actualités. Octobre 2011. N°125. Page 8. « La structure de l’emploi dans la commune. Le tertiaire domine l’activité ».

15) Themavision.fr . 24 octobre 2011. « L’emploi progresse davantage à l’ouest d’une ligne Le Havre – Marseille ». Gilles Keromnes. URL : http://www.themavision.fr/jcms/rw_272055/l-emploi-progresse-davantage-a-l-ouest-d-une-ligne-le-havre-marseille

16) Fréjus-infos. N°64. Novembre-Décembre 2011. Page 18. « Fréjus. Au Grand Capitou, le pôle BTP renforce le développement économique ».

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L’attractivité des territoires. Théories et réalités

Référence de l’article :

Gérard-François DUMONT, Laurent CHALARD (2010). « L’attractivité des territoires. Théories et réalités ». Population & Avenir. N°697. Mars-Avril 2010. Pages 14-16.

Contexte :

Cet article reposait sur les principales conclusions d’une étude que nous avions réalisée pour la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, portant sur « la géographie comparative de  l’attractivité des villes moyennes non littorales dans la dynamique régionale des territoires de Provence-Alpes-Côte-d’Azur ». Elle s’inscrivait dans la même logique que l’étude sur les métropoles régionales intermédiaires, mais se voulait plus ambitieuse, mêlant éléments qualitatifs et quantitatifs. Ses conclusions allant a contrario des grandes théories d’économie spatiale, il nous a paru nécessaire d’en publier un résumé.

Résumé :

Deux modèles ont émergé pour décrire l’attractivité des territoires : le modèle centre-périphérie et celui de l’économie résidentielle. Le premier, qui a valu à Paul Krugman le prix Nobel d’économie, considère que diverses raisons poussent l’activité économique à se concentrer sur un nombre limité de villes, qui se trouvent êtres attractives. Selon le second modèle, remis au goût du jour en France par Laurent Davezies, le développement territorial, donc l’attractivité, serait le revenu monétaire capté de l’extérieur par les territoires. Or, l’analyse de l’attractivité des villes moyennes de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, infirme ces deux théories. Elle conduit à l’élaboration d’une typologie finale en cinq catégories : les villes favorisées par des logiques métropolitaines, les villes à l’attractivité fondée sur du tertiaire non marchand et marchand, les villes à dominante tertiaire non marchand et résidentielle, les villes à dominante tertiaire non marchand appuyé par d’autres activités, et les villes en reconversion. En définitive, l’attractivité des villes n’est pas exclusivement dépendante de théories, ce qui signifie que tout territoire à de l’avenir, sous réserve qu’il sache mobiliser ses atouts.

Commentaire :

L’article était ambitieux puisqu’il remettait en cause deux grandes théories économiques en vogue. Sa principale faiblesse était de ne se concentrer que sur une seule région. Plus globalement, l’étude a constitué un nouveau pas dans notre démarche de mise en place d’une méthode d’analyse comparative des territoires. Nous sommes sortis d’une démarche purement statisticienne, ayant compris que l’attractivité s’exprimait aussi par des éléments qualitatifs (la qualité de l’aménagement urbain par exemple) difficilement quantifiables.  

Impact :

1) Cité en bibliographie page 22 dans « Quel avenir économique face à la crise ? ». Avril 2010. Les conférences débat du conseil de développement du Pays de Lorient. Note de synthèse.