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Le Kosovo et le rôle du facteur démographique sur les évolutions géopolitiques

Référence de l’article :

Laurent CHALARD (2011). « Le Kosovo et le rôle du facteur démographique sur les évolutions géopolitiques ». Géostratégiques. N°31.  2° trimestre 2011. Pages 143-155. PDF : www.strategicsinternational.com/31_12.pdf

Contexte :

Suite à la publication de statistiques démographiques historiques détaillées par l’institut de statistique du nouvel état indépendant, le Kosovo, il était possible d’analyser en profondeur le rôle de la démographie sur les évolutions géopolitiques de ce territoire. L’article, qui était déjà plus ou moins écrit depuis deux ans, s’est intégré logiquement dans un numéro de la revue Géostratégiques portant sur les Balkans. 

Résumé :

Le processus d’indépendance du Kosovo a été fortement facilité par les évolutions démographiques de ce territoire. Trois périodes successives permettent de montrer l’existence de différentiels démographiques importants entre populations albanaise et serbe. La première entre 1948 et 1961 laisse apparaître une répartition ethnique relativement stable (2/3 d’albanais, 1/4 de serbes), mais l’étude du mouvement naturel dégage un constat différent puisque l’accroissement naturel des albanais était déjà sensiblement plus élevé, du fait d’une fécondité plus importante. Cependant, cela ne se traduit pas encore sur le plan politique. Au cous de la deuxième période, entre 1961 et 1981, se constate une nette progression du poids relatif de la population albanaise, produit d’un différentiel de mouvement naturel accentué avec les serbes, mais aussi d’une émigration serbe, qui diminue leur part relative dans la population et leur nombre de naissances. En conséquence, les premières revendications politiques albanaises se font jour, conduisant à des émeutes en 1981. Enfin, la troisième période, depuis 1981, voit la poursuite du processus, conduisant à une domination ethnique des albanais écrasante (environ 92 % de la population en 2006 !). En effet, la poursuite de l’émigration serbe, combinée à un moindre croît naturel que les albanais, conduit à leur affaiblissement démographique. Dans ce cadre, la nouvelle donne démographique, extrêmement favorable aux albanais, a favorisé les vélléités d’indépendance du Kosovo, qui se sont traduites dans les faits en février 2008.

Commentaire :

Les données les plus récentes utilisées par l’article reposaient sur une estimation de la population réalisée par l’institut statistique national du Kosovo, avant le recensement. Les résultats de ce dernier ont montré que la population était moins importante que prévue, du fait d’une forte émigration sur le modèle du pays voisin, l’Albanie. Néanmoins, cela ne change pas grand-chose à l’argumentation de l’article puisque le différentiel démographique entre populations albanaise et serbe au Kosovo est ancien.

Impact :

Comme tous les autres articles de démographie politique, son impact a été très faible. Cela s’explique assez simplement par le fait que la démographie politique est une discipline émergente qui n’intéresse (presque) personne  pour l’instant en France. C’est dommage puisque la démographie joue un rôle primordial dans les évolutions géopolitiques internationales, ne serait-ce que dans le déclin actuel de l’Occident.

Un cas singulier. Les Pays-Bas avec un solde migratoire devenu négatif

Référence de l’article :

Laurent CHALARD (2007). « Un cas singulier. Les Pays-Bas avec un solde migratoire devenu négatif ». Population & Avenir. N°685. Novembre-Décembre 2007  Pages 15-17.

Contexte :

Suivant depuis un certain temps l’évolution démographique des Pays-Bas, il m’est apparu que ce pays se singularisait fortement du reste de l’Europe occidentale, puisque dans un contexte général d’accentuation de l’immigration, les Pays-Bas connaissaient un… déficit migratoire ! Ce dernier m’a fortement intrigué, d’où l’écriture de cet article pour comprendre ce qui s’y passait. L’existence de publications en anglais de l’institut statistique néerlandais m’a été d’une grande aide, car le néerlandais est difficile à comprendre.

Résumé :

A venir.

Commentaire :

Le déficit migratoire des Pays-Bas fut un phénomène conjoncturel, puisque le solde migratoire est redevenu positif ensuite. Il montrait que les politiques de restriction des entrées pouvaient momentanément réduire les flux entrants. Il permettait aussi de mettre en évidence l’importance des migrations de retraites vers l’Europe du Sud dans les pays d’Europe septentrionale.

Impact :

Son impact a été limité, les Pays-Bas intéressant bien peu les chercheurs français, à tort par ailleurs, car par ses caractéristiques c’est un véritable laboratoire des évolutions socio-démographiques de l’Europe occidentale.

1) Cité en note de bas de page 30 par Gerard-François DUMONT (2008). « L’immigration et l’Europe ». Revue politique et parlementaire. N°1046. Janvier/mars 2008.

2) Cité en note de bas de page n°13 à la page 21 par Gerard-François DUMONT (2009). La politique européenne d’immigration. Karthala. Paris. 312 pages.

3) Cité en note de bas de page n°12 par Gerard-François DUMONT (2011). « UE Prospective démographique ». Diploweb.com . 20 avril 2011

Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles.

novembre 10, 2011 1 commentaire

Référence de l’article :

Laurent CHALARD (2007). « Des villes françaises en net déclin démographique. Le cas de communes anciennement industrielles ». Population & Avenir. N°683. Mai-Juin 2007. Pages 15-19.

Contexte :

L’Insee ayant fourni un fichier excel de la population de toutes les communes françaises à chaque recensement entre 1962 et 1999, il m’a été possible d’effectuer leur classement en fonction des taux de croissance démographique. Ce classement réalisé, j’ai distingué parmi les nombreuses communes en fort déclin démographique, celles urbaines, c’est-à-dire qui comptaient au moins 2000 habitants en 1962. Il s’avérait que toutes les communes concernées étaient à dominante industrielle au départ, d’où le titre.

Résumé (quotidien Les Echos du 12 juin 2007) :

Cinquante-huit communes jadis industrielles connaissent depuis près de cinquante ans un net déclin démographique. La majorité se concentre en Lorraine et dans le Massif central.

Ville ne rime pas toujours avec croissance démographique, selon une étude de la revue « Population & Avenir », qui se penche sur l’évolution de la population de communes industrielles entre 1962, amorce du déclin démographique dans plusieurs bassins industriels, et 1999, date du dernier recensement exhaustif. Le rapport dénombre 58 communes anciennement industrielles dont la population a diminué d’au moins un tiers sur la période. La Lorraine et un grand Massif central sont touchés de plein fouet, regroupant les trois quarts des villes concernées.

Cette forte concentration géographique découle de la répartition inégale de l’industrie en France du XIXe siècle jusqu’aux années 1960, essentiellement basée dans la moitié est du pays. La seconde raison pointe les problèmes de reconversion. Le déclin ne se constate que lorsque l’économie locale, basée sur une mono-activité ayant périclité, n’a pas été remplacée.

La Lorraine détient le record du nombre de villes en déclin avec 24 points noirs, soit 40 % de l’ensemble. Celles-ci, principalement situées en Meurthe-et-Moselle (17), ont connu une baisse moyenne de 40 % de leur population et correspondent au bassin ferrifère lorrain.

Trois ensembles sont particulièrement frappés : la vallée de l’Orne, qui se caractérisait par ses usines sidérurgiques et métallurgiques, les bassins miniers ferrifères de Bouligny-Tucquegnieux et enfin le bassin de Longwy, dont le programme européen de reconversion n’a pas encore enrayé le processus de dépeuplement. Le Massif central connaît le déclin le plus intense. Les 21 communes de la zone (dans le Gard, le Tarn, l’Aveyron et le Puy-de-Dôme) ont vu chuter leur population en moyenne de moitié entre 1962 et 1999. La perte démographique concerne essentiellement des bassins houillers, tels ceux d’Alès, de Decazeville et de Carmaux. Le déclin a aussi touché des villes à dominante textile.

Dans le reste du territoire métropolitain, les 13 communes restantes sont surtout minières. Le Nord-Pas-de-Calais n’en compte que 5 mais l’Isère 2. Sochaux ayant un profil particulier. Le dépeuplement n’est pas là lié à un effondrement économique mais aux réductions importantes de main-d’oeuvre, non compensées par le développement suffisant d’autres activités. L’étude confirme que l’adaptation et la diversification des activités sont une des clefs de la pérennité d’une ville.

I. F.

Commentaire :

L’article a joué un rôle important dans la progression de ma réflexion intellectuelle, puisque c’est la première fois que j’abordais la thématique du déclin urbain. Il m’a permis de voir que la France n’était pas épargnée par le phénomène, ce qui avait été plus ou moins ignoré jusqu’ici dans la recherche urbaine en France. C’est avec cet article que j’ai pu prendre ensuite contact avec d’autres géographes travaillant sur la thématique du déclin urbain dans le monde, comme Sylvie Fol et Emmanuèle Sabot, ou travaillant sur les villes concernées mais avec un angle d’approche paysager. comme Simon Edelblutte. 

Impact :

Ce fut le premier article que j’ai réalisé seul cité dans la presse nationale, en l’occurence Les Echos. Malheureusement, ma notoriété étant presque nulle à l’époque, le journaliste n’a pas cité le nom de l’auteur de l’article, mentionnant juste Population & Avenir.

1) Les Echos. 12 juin 2007. Rubrique Régions. Page 7. « La Lorraine et le Massif Central touchés par le déclin des petites villes ». I.F.

2) Cité par Simon EDELBLUTTE dans le texte page 359 et en bibliographie page 367. « La reconversion des anciennes villes-usines européennes, ou la question de la survie urbaine ». BAGF. 2010-3.